Quel est l'impact environnemental de l'autopartage Citiz ?

Actualité publiée le 17/02/2015 | catégorie : Analyse

Par Yvon Roche, co-gérant du réseau Citiz, directeur de Citiz Provence

Il est d’abord important de ne pas mélanger les différents types d’autopartages car leur impact est très différent sur le report modal, comme l’a montré l’étude menée par le bureau de recherche 6T. Le gain énergétique de l’autopartage en boucle fermée tel que nous le pratiquons est supérieur aux autres autopartages grâce à une plus grande fiabilité du service (garantie de bien avoir une voiture en temps et en heure) ce qui permet une démotorisation accrue et donc un report vers les autres modes moins consommateurs.

Etude 6T 2012

> Démotorisation des abonnés à l'autopartage / 6-T 2012

L’impact en économie d’énergie

Le groupe de travail sur les Certificats d’Economie d’Energie et l’autopartage, considère que chaque abonné  à l’autopartage (abonné moyen ayant répondu à l’enquête 6T) économiserait 1 369 kWh / an : 251 kWh parce que nos voitures sont plus efficaces que la moyenne du parc Français + 1118 kWh parce qu’au lieu d’utiliser une voiture nos abonnés utilisent plus des modes moins consommateurs. Je cite le groupe de travail : «  après abonnement à un service d’autopartage, on constate une diminution de 178 km / mois  parcourus en voiture particulière, soit 2136 km / an. Au total, chaque utilisateur parcourt en moyenne 123 km / mois en autopartage et reporte en moyenne 178 km vers d’autres modes ».

Une diminution de la mobilité

J’ajouterai qu’en plus d’un report modal, il intervient une diminution de la mobilité (due à la facturation de la totalité des coûts lors d’un usage) qui conduit les personnes à reconsidérer certains déplacements, à les annuler ou à utiliser en lieu et place des interventions à distance du type courrier, téléphone, internet voir même à grouper certains déplacements. Le comportement de mobilité est très différent lorsqu’on est propriétaire de sa voiture…

Cette rationalisation pourrait être évaluée à 15% de kilomètres parcourus en moins par an selon les études (voir schéma ci-dessous). Ce qui ferait 45 km par mois non roulés, 133 km vers les autres modes et 123 km en autopartage. Et autant d’émissions en moins.

L’économie en matières premières

Autre point, l’énergie grise nécessaire pour produire une voiture. Une voiture partagée (l’autopartage que nous pratiquons dans notre réseau) remplace 9 voitures personnelles. Ce qui contribue à réduire le nombre de voitures fabriquées.

Une voiture nécessite en moyenne 30 tonnes de matières premières lors de sa construction. Ces matières premières sont extraites du sol, transportées et transformées, activités fortement émettrices de CO2. A partir de ces matières premières, on va fabriquer des pièces détachées (process industriel qui produit encore du CO2). Ces pièces sont ensuite elles aussi transportées, parfois à l’autre bout du monde, pour être assemblées dans les usines des constructeurs automobiles. Enfin, l’assemblage et le transport final des véhicules produisent là encore du CO2.

Lors de son utilisation la voiture va émettre du CO2 mais il faut aussi prendre en compte l’énergie consommée pour produire et distribuer son carburant (raffinage et transport du carburant). Enfin, il faudra recycler et éliminer la voiture en fin de vie ce qui va encore produire du CO2.

La fabrication et le recyclage en fin de vie d'une voiture dégagent un total de 6 tonnes de CO2 [1], et il faudra en émettre 24 de plus pour alimenter en carburant le véhicule sur les 150 000 km qu’il fera durant sa vie.

En conclusion, l’autopartage Citiz permet de réduire l’impact environnemental de la mobilité en voiture : par une modification des habitudes de mobilité au profit de modes moins polluants, par une réduction de la mobilité au profit d’alternatives comme les nouvelles technologies, et en évitant la production de voitures grâce à l'optimisation de leur usage.

[1] En équivalent CO2. Sources : Renault, direction de la politique environnement, mars 2005 et Yoji Matsuhisa « Quantification of CO2 Reduction Effect through Carbon Fiber Usage - Importance of Life Cycle Assessment (LCA) » in JLCA NEWS n°8 September 2009, Life Cycle Assessment Society of Japan